Je me doutais bien que la partie n'était pas gagnée mais à ce point, j'avoue que je m'admire. Je suis une fieffée perfectionniste.
La belle angine s'est transformée en super bronchite, bien infectée, bien contagieuse et m'oblige à ingurgiter un coktail antibio aux effets secondaires détonnants.
Je comate sur le canapé, je zappe, je lis. Je passe sur les blogs amis et même sur ceux qui le sont moins. On est peu de chose lorsque l'on est malade.
Alors, évidemment, arrive ce qui devait arriver : je suis déprimée. Pas de belles photos, rien à montrer. Pas de week-end, pas de resto, pas d'expo, pas de balades dans les lieux branchés où le Tout-Paris se retrouve, pas de rencontres incroyables. Juste des journées bien bien longues, à tousser comme une poitrinaire, des yeux de grenouille et des cheveux dont la brillance ne doit rien à un gel capillaire.
J'ai essayé mais rien n'y fait. Je ne suis pas de ces malades toujours fraîches et souriantes, même avec une fièvre de canasson, maquillées au saut du lit, qui continuent à oeuvrer toute la sainte journée sur des guiboles en papier mâché. Je déteste celles et ceux qui tentent de faire croire que c'est possible ou pire, normal. Ce sont des êtres dangereux. Il faut savoir accepter la faiblesse. Elle fait partie de l'humain.
J'ai des envies de femme enceinte, foie gras, pain perdu, frites et clémentines, moi qui, habituellement, n'apprécie pas ce fruit. C'est ce genre de petits détails qui me font prendre conscience de la gravité de mon état.
Je me souviens de la réponse d'une blogueuse lorsqu'une lectrice lui reprochait de n'exposer et ne raconter que les beaux côtés de son existence, voire de les magnifier, peut-être même en rajouter un chouïa pour faire bonne mesure : "quel intérêt trouverait-on à visionner les poubelles des autres ?". C'était une belle âme qui ne pensait qu'au bien-être intellectuel et artistique de son lectorat (c'est généreux de partager). Et puis, il vaut mieux faire envie que pitié. Avec ce billet je me protège, aucun risque de susciter quelque désir ou jalousie déplacés.
Le constat est rude, je suis faillible. Un petit grain de sable dans les rouages et la machine est grippée. J'espère juste que le mécanicien auquel j'ai fait appel est compétent et qu'il saura réparer la bête avant les fêtes. J'ai deux lutins à gâter et la Mère Noël n'est pas censée connaître la maladie.
Tout ceci dit, je suis consciente que que ce ne sont que angine, bronchite et autres petits maux très certainement dûs à un automne trop clément (et à un état général qui l'est un peu moins). Je viens de lire quelques billets d'une blogueuse qui a connu la longue et cruelle maladie et j'ai un peu honte de m'apitoyer sur mon sort.
Promis, je vais relativiser...

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