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Je cumule.
Pas les mandats. Les épisodes souffreteux.
Après une longue séance vertigineuse particulièrement décoiffante, je persiste avec une angine tout aussi ébouriffante. Fatiguée ? Certainement. Virus partagé en famille ? Encore plus vrai. On est comme ça chez nous, rien ne doit rester la propriété exclusive d'un membre.
Pas goût à grand chose. Je n'ai même pas pu retrouver deux copines de plume. Ma satisfaction est de savoir qu'elles ont passé un bel après-midi (qui a dérivé vers un beau début de soirée).
On a le bonheur que l'on se donne.
Lorsque je suis malade, je me réfugie dans le noir et blanc. Les films, j'entends.
Ceux que j'ai vus, ceux que j'aurais pu voir dans mon enfance. Ceux qui ont pour cadre ma ville natale, la blonde qui plaît à tout le monde. Paris...
Ce Paris que, ne leur en déplaise, les moins de 50 ans n'ont pas connu.
C'est ainsi, qu'hier soir, j'ai comaté devant Bourvil, Paul Meurisse et leur grosse caisse.
Une petite comédie qui n'est pas restée dans les annales, même si la distribution est prestigieuse, mais les images me parlent, les rues m'interpellent, le métro me chatouille la mémoire.
Bourvil et son Solex : mon père possédait le même.
Je suis devenue phobique des transports en commun. Surtout de ceux qui sévissent en sous-sol. Les rames clinquantes, les lumières agressives. Tout m'agresse. Et pourtant, je les ai arpentés ces couloirs ! D'un pas lent ou énergique. Pressée, énervée, angoissée mais aussi, heureuse, impatiente, bavarde ou simple spectatrice.
Mais ça, c'était avant.
  J'ai donc retrouvé, le temps d'une soirée, les voitures aux sièges en lamelles de bois, le beau logo de notre régie, apposé fièrement sur chaque portillon. Et puis le poinçonneur, souvent condamné à une vie souterraine -ous n'avaient pas le privilège d'officier sur un trajet aérien- (était-ce vraiment un avantage ? Ceux qui empruntent régulièrement ces lignes me comprendront).

Plus propre (ça reste à prouver :-(), plus rapide, plus fiable, offrant des possibilités de déplacements urbains quasi illimitées. C'est tout ça le métropolitain contemporain.
Mais j'ai en mémoire la réclame, Dubo Dubon Dubonnet, que nous déchiffrions entre chaque station. L'odeur particulière qui prenait à la gorge au détour d'un couloir. Les secousses qui rapprochaient les passagers. Les panneaux d'affichages et leurs petites lumières clignotantes qui nous indiquaient quasi miraculeusement le trajet à parcourir.
Deux ans après le tournage de ce film, nous emménagions à un saut de puce de la station Quai de la Rapée.
À l'époque, les usagers ne disaient pas "ligne 5" mais Porte de Pantin/Place d'Italie.
J'ai conservé cette habitude. Les chiffres ne me parlent pas, les mots me font rêver...

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