Les petites trouvailles de Marie-Floraline

dimanche 20 mai 2012

Bonbons, caramels, esquimaux ...

En phase avec l'actualité, vous avez voté...
Me voilà donc condamnée à ressasser (non que ça me peine, j'aime revivre encore et encore, par mots interposés, ces tranches de mon enfance. Ces instants parfois fugaces qui m'ont faite telle que je suis. À peine vécus, déjà passés) ...
Le coffre aux souvenirs dans lequel je pioche avec délectation refuse de livrer autre chose que de jolis moments. Bien évidemment, comme l'a si justement chanté le grand Jacques, qu'il y eût des orages, très certainement que tout ne fût pas rose. Mais à quoi bon se complaire dans les regrets. Au verre à moitié vide, je préfère celui qui est à moitié plein... Nostalgie, oui, aigreur, non...

Je crains, parfois, de lasser. Car, même si nos vies et notre histoire offrent quelques similitudes, certaines anecdotes ne peuvent toucher que les principaux intéressés. Et lorsqu'elle sera en âge de déchiffrer, je suis loin d'être certaine que ma Belle nana soit friande des gargarismes de sa grand-mère.
Mais vous, vous avez signé ?

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Je demeure convaincue que nous, jeunes enfants des années 50/60, avons eu une chance inouïe. Celle de naître après un épisode tragique de l'Histoire. L'heure était, alors, au renouveau, à l'espoir. Tout était à reconstruire et nos parents s'y sont employés avec énergie. Les miens ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour que je connaisse une enfance et une adolescence plus légères que celles qu'ils avaient vécues. Ils y sont parvenus au delà de leur espérance puisque plus de 50 années plus tard, j'ai gardé en mémoire tant de faits et de situations qui m'émeuvent encore que je ne sais lesquels relater ...

Qui ignore "l'heure des Mamans" ? Les petits externes qui se précipitent deux fois par jour hors de l'école en cherchant des yeux "l'élue", soulagés de l'apercevoir, rassurés de ne pas avoir été oubliés.
J'ai fait partie de cette caste heureuse. Celle que les demi-pensionnaires et les pensionnaires regardaient avec envie. Celle qui dévorait des plats cuisinés avec amour par une maman disponible et toujours présente. Celle aussi qui goûtait d'un gros morceau de pain frais beurré accompagné d'une barre de chocolat, d'un croissant tout juste sorti du four ou, joie extrême (?) de choco BN arrosés d'un bol de lait chaud au PHOSCAO.

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Vous rappelez-vous cet accordéon de 6 biscuits fourrés, enveloppés individuellement dans leur étui de papier aluminium ?
La Biscuiterie Nantaise avait innové : un concepteur plus malin que ses congénères avait imaginé un en-cas aisément transportable dans un cartable ou un sac de sport, sans risque de fuites inopinées. Pas vraiment écolo : que de papier gâché et l'alu n'est pas vraiment bio-dégradable ! Mais qui se souciait d'écologie dans les années 60 ? Certainement pas moi qui déchirais l'emballage avec délectation à la recherche du Saint Graal.
Séparer soigneusement les deux biscuits (qui ne souriaient pas encore sottement) en prenant bien garde de ne pas les briser, lécher conscienceusement le chocolat puis croquer les oreilles ...

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Les sucrivores compulsifs se régalaient de CHAMONIX. Trop écoeurants à mon goût et collants au-delà du possible. Réussir à ne pas se poisser les mains relevait de la gageure et je n'avais pas le tempérament compétiteur. À ces gâteaux hautement caloriques je préférais les pailles d'or framboise, les gaufrettes à messages et les madeleinettes de la célèbre Alsacienne.
L'esprit pub sévissait déjà mais pas sous cette appellation : RÉCLAME, tel était son nom.
C'est ainsi que nous trouvions des petits drapeaux à collectionner dans les paquets de madeleines susnommées. En métal, joliment peints, ils avaient fière allure nos fanions !
Les tablettes de chocolat n'étaient pas en reste et nous offraient un trésor inestimable : des images, photos, dessins, à coller soigneusement sur un grand livre. Témoins muets de pays lointains, de peuplades inconnues, d'animaux sauvages. Je remplissais consciencieusement mon album (gare à ne pas se tromper d'emplacements !) en me rêvant demoiselle MAHUZIER au fin fond du bush australien...

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Pas plus soigneux que nos petiots d'aujourd'hui, même si nous nous plaisons à le croire, nos tabliers portaient souvent quelques vilaines traces que nos mères s'empressaient d'effacer avec des poudres déjà qualifiées de miraculeuses.
J'ai longtemps reproché à ma maman son refus, incompréhensible et injustifié, d'utiliser BONUX. En bonne petite commerciale, j'évoquais ce blanc plus blanc que blanc, ces couleurs lumineuses, ce parfum si frais ... mes tentatives ne furent jamais couronnées de succès. Pas de cadeaux Bonux pour la petite Marie-Floraline. Jamais... OMO et PERSIL n'aimaient pas les enfants.

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... Nous étions arrosés à l'eau fraîche et au lait. Pas de boissons à bulles, sucrées au-delà de l'imaginable, dans les placards, non plus de jus de fruits autres que ceux pressés par la main maternelle. De ce fait, grand était notre plaisir, lorsque notre père nous offrait un PSCHITT orange ou citron à l'occasion d'une sortie dominicale. Comme nous la savourions cette orangeade ! Chimique ? certainement, mais si rarement consommée que le péché était véniel et nos jeunes estomacs ne s'en sont jamais plaints... les bulles sont moins corrosives quand elles sont emplies d'amour ...

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Je suspends non pas mon vol mais ma rédaction. Qui trop embrasse ...
J'aurais aussi pu évoquer les pastilles PULMOLL. Médicament (?) doudou de ma grand-mère, au même titre que les cachets d'ASPRO ou la crème CITHYMÈNE ... Je croquais ces petites boules sucrées avec délectation. Peut-être, sait-on jamais, leur dois-je d'avoir vécu une enfance sans maux de gorge ?
J'aurais aimé vous entretenir de cette fabuleuse TRISCOTTE. Étrangement disparue des rayons de nos supermarchés ! Elle était pourtant sacrément bonne cette petite biscotte légèrement sucrée. Une caresse de confiture achevait de la rendre délectable ...

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Ronde de produits pour la plupart disparus ... ou tellement modifiés que je ne crains pas d'être accusée de "faire de la publicité gratuite". Et, même si cela était ... j'assume. J'ai 6, 7 ans et c'est ma vie ...

illustrations et photos empruntées sur le net

Posté par Marie-Floraline à 19:50 - - Commentaires [16] - Rétroliens [0]


vendredi 11 mai 2012

En parlant un peu de Paris ...

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Je suis née à Paris et y ai vécu 25 ans... Dans les années 50/60, Paris était habité par des classes sociales diverses et variées. Ouvriers, artisans, employés de bureau, commerçants se côtoyaient dans un joyeux melting-pot. Tous les corps de métier étaient présents et personne n’y trouvait à redire. Quartiers auvergnats, bretons, corréziens puis, plus tard, espagnols, italiens ... Arrondissements aisés ou plus modestes : nous étions Parisiens comme d’autres sont Bordelais ou Marseillais et n’en tirions aucune gloriole. Pas d'admiration exagérée ou de superlatifs alambiqués envers ces lieux qui nous voyaient vivre. La ville lumière n'était pas une scène où nous paradions tels certains comédiens un soir de première, c'était chez nous, uniquement, tout simplement chez nous.
Les rues que nous parcourions chaque jour, ces squares, ces immeubles parfois fatigués... Nous les aimions comme on aime sa progéniture : d'un amour inconditionnel, indulgent et sans réserve. En reconnaissant leurs qualités et en admettant leurs défauts.
Nous étions à cent lieues du bobo dont on nous rebat les oreilles ...

Les travaux (au demeurant fort louables et d'un intérêt indiscutable) visant à améliorer la salubrité de la ville, à la moderniser, n’ont pas touché que la pierre : peu à peu, insidieusement, les classes laborieuses furent éjectées de la capitale. Expédiées manu militari de l’autre côté du périph...
Banlieue ... Il y a toujours une nuance de mépris lorsque l’on évoque la banlieue. Alors pour apaiser les esprits, on a créé un nouveau concept, on dit "Ile de France". L’expression est plus noble, elle sonne sacrément bien aux oreilles et ménage les susceptibilités. Elle permettrait presque de s’imaginer vivre dans un coin protégé, une île entre le ciel et l’eau ...

Comme bon nombre de Parisiens de naissance prolétaire, j’ai fui mon Paris. Pas vraiment par choix (je n’irais pas jusqu’à écrire contrainte et forcée... encore que ...) mais si l'on souhaitait souhaite acquérir un bien immobilier, vivre dans une surface décente et que l'on a un budget qui n'est pas extensible, difficile d’agir différemment...
Avant de franchir la ligne de démarcation, je me suis rappelée mon enfance. Mon oncle, ma tante et leurs petits princes habitaient Drancy. Cette ville (que je n'aimais pas) -ou était-ce ma propre famille qui ne m’agréait point ?- me paraissait se situer à des années lumière de Paris et nos voyages pour s'y rendre, avaient des allures d'équipée sauvage.
La petite Marie-Floraline ignorait les compromis : elle aimait son coin de Paris et la vraie campagne, celle des prés et des champs à perte de vue, sans barrière ni clôture : sa Bretagne, terre de ses racines maternelles. Entre ces 2 extrêmes, il n'y avait rien !

L'âge m'a appris la raison et la mesure : je me trouve plutôt bien, voire très bien, où je suis. J'avoue cependant que si une main bienveillante transportait ma maison et son jardin dans un quartier sympa de la capitale, je ne lui en voudrais pas.

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Ah si Paris était à la campagne...

illustrations empruntées sur le net

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mercredi 9 mai 2012

L'important ...

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Songeuse ... bientôt 4 mois, presque majeure ...

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et 2 arrière-grands-mères pour elle toute seule, le bonheur ...

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lundi 7 mai 2012

Points sur les i et barres aux t ...

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Et voilà ...

Et puis ...
Je reconnais à chacun (e) le droit d'avoir ses idées -ben oui, je suis comme ça, plutôt tolérante- (mais ATTENTION ça ne va peut -être pas durer smilie5) et de les exprimer car tout dialogue est enrichissant. Mais les propos racistes et les manifestations haineuses ne sont pas les bienvenus sur ce blog qui n'est pas un forum (ceci dit, est-ce plus acceptable sur un forum ?) Mecontent20
Chacun, chacune est libre d'ouvrir son propre espace (mais dans ces conditions, difficile de garder l'anonymat) et de l'enrichir (!) selon ses opinions.

Quant au tutoiement qui semble choquer quelqu'une (?)... ce n'est pas une marque de mépris ou de familiarité déplacée (nous sommes l'un des rares pays à faire un tel distingo). Il est tout simplement  d'usage dans la blogosphère comme sur de nombreux sites de partage d'idées ...

Sur ce ...

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Posté par Marie-Floraline à 14:30 - - Commentaires [14] - Rétroliens [0]
vendredi 4 mai 2012

Complètement à l'Ouest ...

Désolée, désolée, désolée ...
Je crois vous avoir bien involontairement induit(e)s en erreur en évoquant le célèbre dormeur du val (mais mon amour pour Rimbaud m' a égarée).
Pas plus de Lorraine ou d'Ardennes que de beurre salé en branche ...
Ma photo a été prise en BRETAGNE ... dans le MORBIHAN ... mon joli coin de paradis où sont solidement ancrées mes racines maternelles ...
très exactement à ...

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Je crois que l'on peut compter sur les doigts d'une main les années où je ne me suis pas rendue dans cette petite cité.
Promenade obligée, au même titre que Saint-Anne d'Auray, Josselin, Carnac ou Damgan ... il est de bien pires obligations.
En un mot comme en cent : respirer l'air du pays, s'en trouver bien et recommencer encore et encore ...

Bon week-end, à Lundi et d'ici là ... je vous vois

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 m'paraît bien grande cette enveloppe pour entrer dans l'urne ! Encore un coup de ... smilie5

Posté par Marie-Floraline à 18:45 - - Commentaires [11] - Rétroliens [0]


mardi 1 mai 2012

C'est pas parce qu'on à rien à dire ...

... qu'il faut bouder son blog sutout pas ...
Et puis, l'exemple venant d'en haut et n'étant pas plus mauvaise qu'une (un) autre à ce petit jeu (voire meilleure smilie5 ), je vous invite à tuer le temps en attendant le 6 mai (c'est décidé, je ne fais RIEN jusquà dimanche prochain mais Dieu, que ça me coûte : une hyperactive comme moi, pensez !)...

J'ai ressorti une photo de l'un des mes albums, l'ai enregistée comme fond d'écran et devant ces fleurs jaunes, épanouies (parce que cette année, les clochettes blanches dans mon jardin, faut une sacrée loupe pour les apercevoir), je me suis dit que j'avais envie de partager avec vous ce coin de verdure où coule une rivière, accrochant follement...
Et puis ceci entraînant cela : sauront-elles (ils) faire preuve de discernement ? Trouveront-elles (ils) le lieu où paissent ces blanches brebis ? Attention, je veux le nom de la ville, sa latitude,sa longitude, son exactitude... Allez, je vous aide : c'est en France ...

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C'est pas gagné ... et de toute façon ... y a rien à gagner.

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Posté par Marie-Floraline à 09:30 - - Commentaires [16] - Rétroliens [0]
lundi 23 avril 2012

...

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Je vois ...

  ... un département  très entouré qui résiste vaillamment à l'envahisseur photos_asterix
... un autre avec une drôle de couleur Mecontent20

... une France étonnante : presque 50% de satisfaits ? (Qui peut oser dire que le Français n'est jamais content ?)

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Brave volatile qui râle, râle, râle... et chante, même surtout les pattes dans la m***e

Suite et conclusion le 6 mai ...

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Posté par Marie-Floraline à 13:45 - - Commentaires [17] - Rétroliens [0]
jeudi 19 avril 2012

Mon candidat ...

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Don't worry, be happy, n'hésitez pas, votez pour mon nain à moi (chacun le sien) roi2

Issu de l'immigration eh eh, ce charmant candidat est franco/allemand (origines indiquées sur le pantalon en cas d'oubli de sa part).
Je n'ai pas osé montrer mon trésor de chine à Monsieur qui ne se serait pas gêné pour se gausser (un nain de jardin, le comble du mauvais goût ?). Peut-être, certainement, mais celui-là est tout petiot et n'est pas destiné à gambader sur la pelouse. C'est de la déco bien D É C A L É E de chez décalé.
Je ne sais pourquoi il m'a plu ? Son programme ? Ses couleurs fanées ? Son gentil sourire ? son nez à la retrousse ou les deux marguerites qu'il tient serrées dans sa petite main de petit nain ?

Qu'importe le flacon, Joyeux vous souhaite un beau week-end bien employé, et vous rappelle que ...

Voter n'est pas une obligation, c'est un devoir civique et moral (et c'est déjà pas mal) ...

 

Posté par Marie-Floraline à 18:45 - - Commentaires [14] - Rétroliens [0]
samedi 14 avril 2012

Punaise ! Purée ! Pas simple ...

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À Peine souhaité, le voilà déjà Proposé à mes Pauvres Petits neurones ...
Le P, donc, Puisqu'il faut ainsi le nommer...
c'est Pas gagné...

Merci ASPHODÈLE

si j'osais : vivement le Q  index

***

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Lettre de Mademoiselle de C.
à Madame de V.


Paris, ce lundi 18 juin 1860

 

Ma sœur, mon amie,

 

Je devine votre surprise et n’ose imaginer votre affliction lorsque vous prendrez connaissance de ce courrier. Je tremble, ma belle amie, qu’à la lecture de ces pages toute l’estime que vous me portiez ne s’efface à jamais.
Que vous révéler que vous ne sachiez déjà ? Que dans le tréfonds de votre âme, vous n’ayez deviné ?
Je sais votre affection, à mon égard sans limites, et n’en ressens que plus de honte.
Est-il inexact d’écrire qu’à l’instant où vous le rencontrâtes, vous tîntes. Monsieur de S. pour un fieffé gredin ? Et si je ne craignais de vous heurter par un vocabulaire indigne, un margoulin de la pire espèce ?
Ne protestez pas. Notre attachement mutuel que vous vous plûtes à revendiquer dans votre lettre, cette osmose, ce partage de sentiments me permettent, à votre égal, de vous  percevoir bien au-delà des mots.
Ces dernières semaines me virent désespérée. L’ombrelle perdue n’était qu’une excuse fallacieuse destinée à parer une vérité bien plus triste encore.
La jeune personne que, dans votre bienheureuse  indulgence, vous qualifiez de pétillante, cette même enfant que vous considériez comme votre sœur chérie, n’est plus. Elle a perdu son âme et son innocence à picorer toutes les miettes d’une attention qu’elle désirait ardemment.
Accepterez-vous d’entendre mes doléances ? Ai-je encore le droit de justifier mes erreurs ? Toutes les bontés que vous m’avez manifestées, me portent à l’espérer.
Au jeu de la séduction, Monsieur de S. a démontré une redoutable persévérance et je fus faible, Léopoldine.
Il battit sa coulpe et touchée par tant de constance : je lui accordai mon pardon.
Les déclarations charmantes jusque là dispensées avec parcimonie, les attentions délicates dont je déplorais l’absence vinrent subitement poudrer d’or chaque minute de mon existence et, m’autoriseriez-vous une métaphore hasardeuse ? Comme le pollen féconde la fleur, transformèrent l’enfant ingénue en femme envahie d’un troublant désir.

Antoine (voyez cette familiarité que je ne peux me résoudre à abandonner) fut mandé au chevet d’une parente âgée victime d’une indisposition brutale. J’étais seule, désemparée dans cette ville qui m’apparaissait étonnamment hostile (n’imaginez pas que je veuille vous faire reproche de votre éloignement mais je tente désespérément de comprendre moi-même ce qui put engendrer une telle folie !).
Fin stratège (quel vilain mot, j’aimerais qu’il fût exagéré) Monsieur de S. me proposa de l’accompagner à Quétigny, me faisant l’éloge d’une campagne que je lui avais avoué connaître si peu, si mal …
Par je ne sais quel sortilège, les chemins poussiéreux, les prés à l’herbe grasse, la pluie qui d’ordinaire me fâche et me voit de fort méchante humeur me comblèrent d'allégresse. Ce que je redoutais, ce que je rejetais, ce que je méprisais m’apparut comme auréolé d’une grâce infinie ! Le doux sentiment que je sentais naître en moi et que l’on m’assurait réciproque m’emplissait de joie. J’étais heureuse, ô combien !
Nul ne lui étant obligé et n'ayant plus loisir à demeurer sur Terre, Eugénie de S. nous quitta la nuit suivante.
Toutes les obligations que requiert le départ d’un proche furent promptement acquittées et sans émotion superflue. Mademoiselle de S. n’était pas de commerce agréable. Elle laissait peu de regrets….
Quelques heures de grisante liberté s’offraient à nous avant ce retour vers une ville qui ne m’attirait plus et Monsieur de S. m’invita à les employer de fort agréable façon…
Soucieux de me satisfaire, A. ne savait que faire, que proposer (votre jugement sur ses ambitions sera plus sévère, je le crains !). C’est ainsi que je fus initiée, par ses soins, au vélocipède et que le lac de B. nous vit converser sur un pédalo. Connaissant la terreur que  m’inspire la moindre étendue d’eau, il m’est aisé d’imaginer votre étonnement.
J’eus la maladresse ? l’inconséquence ? de m’attendrir devant une portée de chatons tout juste sortis du flanc de leur mère. Que n’avais-je dit ! Un somptueux  Persan me fut offert séance tenante, accompagné d’une brassée de pivoines à peine écloses. Les orchidées que vous n’avez pas manqué d’évoquer (et ce, fort justement) ne semblaient plus convenir. Les effluves de putréfaction que parfois elles exhalent étant, et je cite ses mots qui me chagrinent d’autant, «indignes d’une si délicate personne».

Ma très chère amie, ma sœur, si je peine à conclure cette lettre comme j'ai tant tardé à vous l'écrire (mais en êtes-vous étonnée, vous qui avez trop souvent raillé ma tendance à la procrastination ?), c’est qu’il m’est douloureux de vous avouer que Monsieur de S. n’était pas le gentilhomme dont une jeune fille honnête peut rêver. Vous l’aviez si justement pressenti que ma crédulité m’est plus pénible encore !
Candide ? Naïve ? Sotte ? Peut-être, certainement …

Il s'en est allé et je me meurs.

Adélaïde de C.

 

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Jeune fille en pleurs s'agenouillant aux pieds d'une statue de l'Amour / Jean-Honoré Fragonard (?)

 

Les 18 mots qui m'ont causé bien du souci ...

Poussiéreux (se) – pluie – pré – persévérance – parcimonie – picorer -page – perdu(e) – pétillant(e) – procrastination *- pédalo – putréfaction – pollen – pardon – persan – pivoine – partage – poudrer.

* mot joker mais Adélaïde a des lettres et n'aime rien tant que le prouver ...smilie5

 

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jeudi 12 avril 2012

Mon petit caméléon ...

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Copier/coller : Maman et moi, tout pareil ...
(avant toute question désobligeante : non je ne louche pas c001 , je suis tout simplement subjuguée par ma Mamie) ... Brave petite ...

Posté par Marie-Floraline à 20:30 - - Commentaires [12] - Rétroliens [0]