10 décembre 2012

Le temps, le temps ...

J'appuie sur le bouton et le parfum de la soupe de légumes est là ... Quelques minutes encore et je savoure ma tartine de Vache qui rit. Étrange pouvoir de quelques notes ...
Nous avons eu la télé tardivement, de même que le téléphone. Je ne me souviens pas avoir souffert de ces absences. Aucun sentiment de frustration, pas de jalousie ou d'envie maladive : nous n'avions pas, un point c'est tout.
Le poste de télé, c'était notre château en Espagne à nous. Et le divin appareil a eu sa place dans nos petites têtes bien avant son arrivée dans la salle à manger. Quand IL sera là, on pourra regarder La piste aux étoiles sans devoir attendre l'invitation de notre chère Denise. On découvrira Zorro, Poly, Thierry, Delphine, la Belle et son Sébastien... en direct, chez nous, assis sur nos chaises (on ne s'avachit pas, pas encore. Pas de fauteuils, pas de canapé : pas de laissez-aller inconvenant pas de place. Le petit écran, OK mais avec savoir-vivre). Ce sera le bonheur... Il paraîtrait que l'on apprécie mieux ce que l'on a longtemps espéré...

Les années passant, l'impatience est devenue une (ma ?) seconde nature. Tout tout de suite. Je maronne contre la lenteur de certains services, l'attente obligée, les délais imposés. Je déplore le manque de réactivité de l'employé derrière son guichet, la lenteur de l'opérateur, les QCM, passage obligé avant de pouvoir exprimer mes doléances...
Et pourtant, je devrais me souvenir : dans les années 60, plusieurs mois étaient nécessaires avant d'obtenir le précieux sésame : une ligne téléphonique, un numéro magique qui nous permettrait de joindre et d'être joints... premier fil à la patte que nous espérions avidement.
1963 c'est aussi un petit jeu dans un magazine reçu au Noël de cette même année (retrouvé par on ne sait quel miracle lors d'une virée chine)

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J'avais 7 ans et déjà je regrettais les changements survenus entre les deux dessins. Je n'y voyais pas un simple jeu des différences mais la preuve que les jours, les années défilent inexorablement et que si certains, à l'image de cette famille idéale, s'en trouvaient bien, la nostalgie du temps qui passe était bien là et le charme s'en était allé.
 Aux cubes ripolinés, sans âme, ceints de pelouses taillées au coupe-ongles, je préférais (déjà) les maisons un peu de guingois, les herbes folles, les barrières disjointes, les nids d'hirondelles sous les tuiles...

Question n°3 : La famille Dubonheur demeure à Paris (la plaque minéralogique fait foi). On peut donc en déduire que cette résidence est la fameuse "secondaire" (celle qui pousse les urbains, chaque fin de semaine, vers les routes encombrées) car la petite Parisienne que j'étais ne se rappelle pas un tel environnement bucolique dans la capitale -même en 1963-!
Les sourires réjouis et les mines épanouies sur le cliché 2 sont, de ce fait, un peu inexplicables : un immeuble se dresse maintenant fièrement dans ce qui n'était qu'une campagne perdue ? Que sont devenus la petite église et son joli clocher ?
Et c'est sur cette question mets ta physique (où tu veux mais mets la) que je vous dis :

 Bonne nuit mes petits ...

 

Posté par Marie-Floraline à 18:38 - - Commentaires [24] - Permalien [#]



Commentaires sur Le temps, le temps ...

    une différence aussi (mais pas vraiment un progrès!) le papa a perdu sa gentille activité en perdant ses cheveux........pendant ce temps là, la maman sert à table, bin oui sur les deux images!!!!!!!!

    Posté par jacqueline, 10 décembre 2012 à 19:20 | | Répondre
    • Plus de cheveux mais une bedaine qui pointe Et la jolie maman toute fine et certainement un peu fofolle est devenue une maîtresse femme. Je préfère vraiment le premier cliché !

      Posté par Marie-Floraline, 10 décembre 2012 à 19:49 | | Répondre
  • A qui le tour??? lol ,ils ont peut étre gagné au loto entre temps!!!!
    Le toit de bingois ressemble au notre,dans notre maison,rien n'est droit,mdr......c'est pour ça que je l'aime....
    le temps qui passe ,et le progrés,mais on est pas forcé non plus de "suivre",moi je suis a ma mode a moi,j'ai même pas de portable....on voit plus l'église ,car elle est derriére le hlm,....et moi ,ça me ferait pas rire qu'on construise un truc pareil derriére ma maison,
    Gros bisous,a bientôt

    Posté par val87, 10 décembre 2012 à 21:18 | | Répondre
  • Et qui se souvient qu'avant Nicolas et Pimprenelle, il y a eu Mirabelle et Petit Louis ?
    Et qu'ils ne vivaient pas à Sarcelles mais dans une petite maison individuelle à la campagne ? C'étaient les tout premiers épisodes et ils ont très vite été remplacés par des personnages plus "modernes".

    Pom popopom popopom pom pom...
    (Nounours qui descend de l'échelle)

    Posté par Triskell1, 10 décembre 2012 à 21:58 | | Répondre
    • Je n'ai pas connu. Nous n'avons eu la télévision qu'en 1967 !

      Posté par Marie-Floralinem, 12 décembre 2012 à 19:51 | | Répondre
  • je me suis bien retrouvée dans ton billet !!! bises sylvie

    Posté par dupasséauprésent, 10 décembre 2012 à 22:58 | | Répondre
  • Et bien comme toi on a eu la télé très tard, et le feuilleton dont je me souviens le plus c'était Thibaud et les croisades, qu'on regardait le dimanche midi en mangeant rôti de bœuf et purée ( maison et délicieuse !), le téléphone et la machine à laver sont arrivés encore après, maman lavait le linge dans un baquet !
    Merci MF pour ce billet nostalgique juste comme il faut !!!
    Très belle journée !
    Doux bisous
    Cathy

    Posté par Cathy, 11 décembre 2012 à 06:21 | | Répondre
    • Chez moi, c'était une lessiveuse qui bouillait sur la gazinière. Ensuite trinçage du linge dans l'évier !

      Posté par Marie-Floraline, 12 décembre 2012 à 19:52 | | Répondre
  • Bonne nuit les petits, c'est la génération de l'Ours, il était petit et j'étais jeune..Lorsque tu réussis à franchir certaines portes cochères à Paris, tu tombes sur des jardins qui font rêver...

    Posté par heure-bleue, 11 décembre 2012 à 11:16 | | Répondre
  • Lors d'une promenade dans la campagne anglaise, dans les année 70, on a croisé un vieux monsieur qui a levé les yeux pour voir un avion passer( bruyamment) et il nous a dit "progress backwards', je ne l'ai jamais oublié, lui et sa phrase, et j'y adhère encore aujourd'hui...amitié, Martine

    Posté par Demeter, 11 décembre 2012 à 16:14 | | Répondre
  • Oh la la! tu en réveilles des souvenirs! Nous n'avions pas la télé nous non plus jusqu'à ce que j'ai 13 ou 14 ans. Nous allions la regarder au patronage ou bien chez Mr le curé qui recevait ses paroissiens pour les grands évènements dans la salle du caté!!

    Posté par marie-madeleine, 11 décembre 2012 à 18:59 | | Répondre
  • Nostalgie ! Je pourrais écrire la même chose. J'ai vendu il y a peu mes vieux "Aggie" que tu as du lire aussi... Pour 200 €. J'en ai le coeur brisé... Mais ma maison de guingois demande des appels de fonds incessants pour un résultat médiocre.... Et pourtant comme toi, c'est comme cela que je continue à aimer les maisons !

    Posté par Moune, 11 décembre 2012 à 21:29 | | Répondre
  • Nostalgie ! Je pourrais écrire la même chose. J'ai vendu il y a peu mes vieux "Aggie" que tu as du lire aussi... Pour 200 €. J'en ai le coeur brisé... Mais ma maison de guingois demande des appels de fonds incessants pour un résultat médiocre.... Et pourtant comme toi, c'est comme cela que je continue à aimer les maisons !

    Posté par Moune, 11 décembre 2012 à 21:29 | | Répondre
  • tu as rembobiné le film ?j'aime bien ta nostalgie guillerette,elle me ressemble

    Posté par ovar, 12 décembre 2012 à 00:34 | | Répondre
  • on a eu un peu la même bouffée de nostalgie "festive" !! moi c'est Martine ...
    j'aimais bien comme toi déguster une "vache qui rit" en lisant ...
    Belle journée
    Solène

    Posté par solene-b, 12 décembre 2012 à 13:40 | | Répondre
    • J'aimais bien Martine et ses dessins réalistes. Plein de bons sentiments et un (gros) brin machiste mais bon

      Posté par Marie-Floraline, 12 décembre 2012 à 19:56 | | Répondre
  • Tu ne publies pas beaucoup , mais chaque billet , c'est du lourd !
    Étrangement , je n'ai pas la même vision que toi de ce temps le temps passé , j'ai longtemps eu ce sentiment qu'il fallait toujours attendre , que chaque dépense était problématique
    Quand on a eu le téléphone , c'était frustrant , gare à la facture , mon père regardait ça de près
    Pourtant , on manquait de rien , mais fallait toujours économiser
    la télé , je suis née avec , elle est arrivée dans la maison en 68 , je garde de bons souvenirs de feuilletons de l'époque , des variétés
    Et aujourd'hui , est ce que je sais attendre ?
    Pas tant que ça ....
    Bisous

    Posté par Jeanne, 12 décembre 2012 à 18:48 | | Répondre
    • Tu es une d'jeune, toi ! Nous avons eu la télé en 1967. Je n'ai pas connu le téléphone chez mes parents qui n'ont pu obtenir une ligne qu'en 1979/80

      Posté par Marie-Floraline, 12 décembre 2012 à 19:54 | | Répondre
  • Nostalgie! Que de souvenirs à travers ton billet: Bonne nuit le spetits, Belle et Sébastien, la piste aux étoiles... Qu'elles étaient douces ces année!
    Je crois avoir toujours vu une télé chez nous depuis ma naissance!

    Posté par MAMMILOU, 14 décembre 2012 à 13:56 | | Répondre
  • Je ne loupais jamais "la séquence du spectateur" ni "les 5 dernières minutes" ni l' émission du jeudi avec Jean Nohain : me rappelle plus comment elle s' appelait mais dedans, y avait Rufus et Pierre Repp!!
    On a eu la télé très vite (en 61 je crois) et en plus, on captait la BBC super bien parce qu' on habitait sur la falaise. Papa était prof d' anglais alors, hein ....
    J' aimais beaucoup aussi "5 colonnes à la Une" (j' étais un peu amoureuse de Roger Louis...), Discorama et Frédéric Pottecher!

    Posté par Pierrot Bâton, 14 décembre 2012 à 17:34 | | Répondre
  • J'ai bien aimé lire ces lignes encore, qui me rappelent du vécu aussi, la télé, le téléphone qu'on n'a jamais eu (on descendait chez le bistrot-bougnat quand on avait un coup de fil "urgent" à passer, la famille pouvait nous appeler là aussi en cas d'urgence, le cafetier venait nous chercher, on descendait, on arrivait tout essouflé, et souvent ce n'était pas pour une bonne nouvelle ce coup de fil reçu).
    Lorsque j'étais en vacances en Morvan tout le hameau se retrouvait chez la parisienne, la seule qui avait la télé, en principe pour voir la piste aux étoiles, mais nous les petits on n'entendait pas grand chose car les discussions entre adultes allaient bon train, et la télé il ne la regardait pas trop, elle n'était que prétexte à se retrouver comme dans les veillées d'antan.
    Souvenirs souvenirs...

    Posté par lisamax, 18 décembre 2012 à 19:15 | | Répondre
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