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Me voilà donc condamnée à ressasser (non que ça me peine, j'aime revivre encore et encore, par mots interposés, ces tranches de mon enfance. Ces instants parfois fugaces qui m'ont faite telle que je suis. À peine vécus, déjà passés) ...
Le coffre aux souvenirs dans lequel je pioche avec délectation refuse de livrer autre chose que de jolis moments. Bien évidemment, comme l'a si justement chanté le grand Jacques, qu'il y eût des orages, très certainement que tout ne fût pas rose. Mais à quoi bon se complaire dans les regrets. Au verre à moitié vide, je préfère celui qui est à moitié plein... Nostalgie, oui, aigreur, non...

Je crains, parfois, de lasser. Car, même si nos vies et notre histoire offrent quelques similitudes, certaines anecdotes ne peuvent toucher que les principaux intéressés. Et lorsqu'elle sera en âge de déchiffrer, je suis loin d'être certaine que ma Belle nana soit friande des gargarismes de sa grand-mère.
Mais vous, vous avez signé ?

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Je demeure convaincue que nous, jeunes enfants des années 50/60, avons eu une chance inouïe. Celle de naître après un épisode tragique de l'Histoire. L'heure était, alors, au renouveau, à l'espoir. Tout était à reconstruire et nos parents s'y sont employés avec énergie. Les miens ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour que je connaisse une enfance et une adolescence plus légères que celles qu'ils avaient vécues. Ils y sont parvenus au delà de leur espérance puisque plus de 50 années plus tard, j'ai gardé en mémoire tant de faits et de situations qui m'émeuvent encore que je ne sais lesquels relater ...

Qui ignore "l'heure des Mamans" ? Les petits externes qui se précipitent deux fois par jour hors de l'école en cherchant des yeux "l'élue", soulagés de l'apercevoir, rassurés de ne pas avoir été oubliés.
J'ai fait partie de cette caste heureuse. Celle que les demi-pensionnaires et les pensionnaires regardaient avec envie. Celle qui dévorait des plats cuisinés avec amour par une maman disponible et toujours présente. Celle aussi qui goûtait d'un gros morceau de pain frais beurré accompagné d'une barre de chocolat, d'un croissant tout juste sorti du four ou, joie extrême (?) de choco BN arrosés d'un bol de lait chaud au PHOSCAO.

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Vous rappelez-vous cet accordéon de 6 biscuits fourrés, enveloppés individuellement dans leur étui de papier aluminium ?
La Biscuiterie Nantaise avait innové : un concepteur plus malin que ses congénères avait imaginé un en-cas aisément transportable dans un cartable ou un sac de sport, sans risque de fuites inopinées. Pas vraiment écolo : que de papier gâché et l'alu n'est pas vraiment bio-dégradable ! Mais qui se souciait d'écologie dans les années 60 ? Certainement pas moi qui déchirais l'emballage avec délectation à la recherche du Saint Graal.
Séparer soigneusement les deux biscuits (qui ne souriaient pas encore sottement) en prenant bien garde de ne pas les briser, lécher conscienceusement le chocolat puis croquer les oreilles ...

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Les sucrivores compulsifs se régalaient de CHAMONIX. Trop écoeurants à mon goût et collants au-delà du possible. Réussir à ne pas se poisser les mains relevait de la gageure et je n'avais pas le tempérament compétiteur. À ces gâteaux hautement caloriques je préférais les pailles d'or framboise, les gaufrettes à messages et les madeleinettes de la célèbre Alsacienne.
L'esprit pub sévissait déjà mais pas sous cette appellation : RÉCLAME, tel était son nom.
C'est ainsi que nous trouvions des petits drapeaux à collectionner dans les paquets de madeleines susnommées. En métal, joliment peints, ils avaient fière allure nos fanions !
Les tablettes de chocolat n'étaient pas en reste et nous offraient un trésor inestimable : des images, photos, dessins, à coller soigneusement sur un grand livre. Témoins muets de pays lointains, de peuplades inconnues, d'animaux sauvages. Je remplissais consciencieusement mon album (gare à ne pas se tromper d'emplacements !) en me rêvant demoiselle MAHUZIER au fin fond du bush australien...

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Pas plus soigneux que nos petiots d'aujourd'hui, même si nous nous plaisons à le croire, nos tabliers portaient souvent quelques vilaines traces que nos mères s'empressaient d'effacer avec des poudres déjà qualifiées de miraculeuses.
J'ai longtemps reproché à ma maman son refus, incompréhensible et injustifié, d'utiliser BONUX. En bonne petite commerciale, j'évoquais ce blanc plus blanc que blanc, ces couleurs lumineuses, ce parfum si frais ... mes tentatives ne furent jamais couronnées de succès. Pas de cadeaux Bonux pour la petite Marie-Floraline. Jamais... OMO et PERSIL n'aimaient pas les enfants.

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... Nous étions arrosés à l'eau fraîche et au lait. Pas de boissons à bulles, sucrées au-delà de l'imaginable, dans les placards, non plus de jus de fruits autres que ceux pressés par la main maternelle. De ce fait, grand était notre plaisir, lorsque notre père nous offrait un PSCHITT orange ou citron à l'occasion d'une sortie dominicale. Comme nous la savourions cette orangeade ! Chimique ? certainement, mais si rarement consommée que le péché était véniel et nos jeunes estomacs ne s'en sont jamais plaints... les bulles sont moins corrosives quand elles sont emplies d'amour ...

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Je suspends non pas mon vol mais ma rédaction. Qui trop embrasse ...
J'aurais aussi pu évoquer les pastilles PULMOLL. Médicament (?) doudou de ma grand-mère, au même titre que les cachets d'ASPRO ou la crème CITHYMÈNE ... Je croquais ces petites boules sucrées avec délectation. Peut-être, sait-on jamais, leur dois-je d'avoir vécu une enfance sans maux de gorge ?
J'aurais aimé vous entretenir de cette fabuleuse TRISCOTTE. Étrangement disparue des rayons de nos supermarchés ! Elle était pourtant sacrément bonne cette petite biscotte légèrement sucrée. Une caresse de confiture achevait de la rendre délectable ...

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Ronde de produits pour la plupart disparus ... ou tellement modifiés que je ne crains pas d'être accusée de "faire de la publicité gratuite". Et, même si cela était ... j'assume. J'ai 6, 7 ans et c'est ma vie ...

illustrations et photos empruntées sur le net