groupe17

Je crois que ces dernières heures m'ont vu faire preuve d'un optimisme qui frise la naïveté. Un optismisme crasse indigne de la personne sensée que je pensais être.
J'ai vraiment imaginé que tous ces rassemblements ne visaient qu'à nous unir sous un même étendard. Celui de la liberté (d'expression ou autre) et de la tolérance.
Optimiste, naïve, mais pas inconsciente, je ne me serais pas hasardée à évoquer la fraternité.
Il n'empêche... même avec cette restriction et si je me fie à certains commentaires, j'aurais tout faux ! Ces manifestations que l'on décrivait spontanées, à l'initiative de belles âmes, auraient été fomentées dans un but nettement moins innocent. Ces mêmes manifestations n'auraient jamais, au grand jamais, reçu l'aval des disparus (qui ne sont malheureusement plus là pour confirmer ou infirmer).

Me reviennent alors en mémoire les réunions politiques (on n'est peut-être pas sérieux quand on a 17 ans mais plein d'illusions et désireux de changer le monde, on l'est...) auxquelles, lycéenne, j'aimais assister.
Celles et ceux qui "savaient" ou à qui l'on accordait cette qualité, prenaient la parole avec aisance et la gardaient farouchement. Dénonçant les magouilles, les faux-amis, les vrais ennemis pendant que les autres, public déjà acquis à la cause ou timides auditeurs, se gardaient d'émettre la moindre critique.
En quelques phrases assassines, nos orateurs tentaient de nous prouver que tout ce en quoi nous croyions n'était que mensonges, turpitudes et autres pantalonnades.
Le monde était méchant. Il nous fallait ouvrir les yeux et oublier l'innocence. Tous étaient coupables. Nous étions des coupables en puissance. Des coupables volontaires ou inconscients du mal que nous faisions ou que nous ferions mais des coupables. Responsables aujourd'hui, coupables demain : quel bel avenir nous attendait...

L'espace d'une journée j'avais oublié cette culpabilité. La trêve aura été courte.
Mais, mais, mais... ce matin mon côté Bisounours tente de se faire entendre. Et il est très fort dans ce petit jeu. Je n'y peux rien, j'ai cette vilaine manie d'espérer, de croire.
Naïve vous dis-je.