Cure de poissons, balades iodées, vent qui décoiffe, soleil (point trop, des fois qu'on y prenne goût), températures revigorantes, orages violents.
Et puis, repos, repos, repos.... J'ai aimé cette semaine en Normandie.

Sinon, toujours le même souci (!) pour alimenter ce blog. Non pas que les idées manquent mais elles s'emmêlent, s'entrechoquent, et aucune ne prend le pas sur l'autre, aucune n'est vraiment digne d'intérêt. Ce sentiment de déjà vu, déjà raconté, déjà montré et pas qu'une fois et pas que chez moi me lasse.
Les échappées belle qui ne sont belles que pour ceux qui les vivent, les copains, les restos, les brocantes, les gens sympas, les belles maisons... ça lasse un peu, non ?
Forte de cette opinion (qui n'engage que moi), j'ai décidé d'aborder un sujet qui nous concerne vraiment tous : le pain.
Avez-vous une bonne boulangerie près de chez vous ? Une bonne, une vraie boulangerie, tenue par un artisan amoureux de son métier. Pas un vulgaire dépôt de pain ou un revendeur à la petite semaine. Parce que, force est de constater qu'à l'heure des concours de tout poil, des combats de chefs, des classements nationaux, à une époque où on n'aime rien moins que de se comparer au voisin, afficher un titre pompeux bien en évidence dans sa vitrine, on oublie un peu le principal.
Je nourris (!) une passion dévorante pour le pain. La plus savoureuse des pâtisseries me plaît moins qu'un morceau de baguette fraîche ou une large tartine de campagne. Qui n'est pas entré dans une boulangerie tôt matin, lorsque la première fournée se présente en boutique ne connaît pas le bonheur.
L'an passé, en grande amoureuse de ce miraculeux assemblage farine/eau/levain, j'ai suivi l'émission "la meilleure boulangerie de France". Je connais l'établissement qui a remporté la palme (et je n'ai même pas assisté à cette consécration, honte sur moi) et je peux affirmer, qu'en effet, le pain est bon, très bon même.

Les amateurs de "vintage" seront ravis d'apprendre qu'à Paris dans les années 60/70, les boulangers n'avaient pas un éventail de pains aussi varié que maintenant. C'est ainsi qu'ils nous proposaient le Parisien, le bâtard, la baguette, la baguette moulée et la ficelle. Parfois, un artisan exilé et amoureux de sa région natale osait la miche de campagne. Parfois...
La baguette viennoise moelleuse et sucrée était réservée au goûter des enfants sages.
C'est ainsi que, dégoûtée par la classique baguette (ordinaire selon l'appellation officielle) devenue insipide et inconservable, j'ai jeté mon dévolu sur  la Tradition, celle dont l'appellation change selon le moulin qui fournit la farine. Grand siècle, Banette, Retrodor, 1900... Noms pompeux et baguette plus chère que sa soeur aînée (le prix de l'excellence ai-je lu dans un document).
Sa qualité n'est pas égale, loin s'en faut. Certaines -la majorité- ont la blancheur bidet et la texture éponge. La faute à ? À l'artisan qui ne prend plus le temps de travailler la pâte ? Aux clients qui sont si nombreux à réclamer une baguette bien blanche ?
Je suis d'un naturel hargneux. À une vendeuse qui me demandait si, à l'instar de la cliente précédente, je désirais également un pain couleur lavabo, j'ai répondu que les pâtons n'avaient pas ma faveur.
À Honfleur, j'ai testé la baguette Tradition du candidat "Normandie 2014". Excellente mais mon amour du bon pain ne me fait pas oublier les kilomètres : un peu loin pour en faire mon pain quotidien.
Je papillonne d'établissement en établissement. Je suis souvent déçue : telle boulangerie qui m'avait un jour enthousiasmée, ne produit pas un travail suivi.
Bien cuit ne veut pas dire croûte carbonisée et mie pâteuse.
Que les boulangers ne soient donc pas étonnés si de nombreux consommateurs leur font des infidélités et achètent, ô sacrilège, leur pain au centre commercial. Quant à faire d'acheter médiocre (je suis indulgente), autant que ce soit moins cher...

2108_FranceBaguette

dessin emprunté sur le net