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Week-end Pascal, normand. Cinq jours de promenades et de chine productive. Cinq jours partagés entre balades iodées, virées chez Emmaüs, brocantes, vide-greniers et découvertes gourmandes. Un peu de pluie mais comme le dit si justement la pub : "entre l'Elle et la Vire en Normandie, il ne pleut pas, il fait le temps idéal pour avoir la meilleure crème". Et question crème, le Normand connaît la chanson. Je me suis régalée, mon cholestérol a fait de même...

Ce n'est un secret pour personne, je chine depuis ma plus tendre enfance. Entraînée par un père passionné et imaginatif au possible. Sous ses doigts habiles, l'objet le plus modeste devenait trésor. Il rêvait, détournait, redonnait vie.
Ce n'était pas une mode. Il n'était pas à la mode.
Si j'en crois certains blogs et émissions new bobos-déco, je suis un pur produit vintage.
Les fauteuils scoubidou, j'ai connu. La pomme réservoir à glaçons, les tasses en arcopal décorées de fleurs rouges, le pot à eau en plastique bicolore, le papier peint psychédélique qui vous donnnait le tournis sans passer par la case Marie-Jeanne, j'ai connu et j'ai eu...

Je m'amuse à découvrir l'engouement que la table en formica, qui accueillait mes goûters et mes cahiers de devoirs, suscite. Je m'amuse. Ce qui m'agace un tantinet, ce sont les prix affichés par certaines enseignes pour ces meubles et objets que les moins de 45/50 ans n'ont pas connu en situation.
Je me fustige. Je regrette de n'avoir pas gardé tous ces témoins muets de mes jeunes années. Pour un peu, j'en serais à reprocher à mes parents de s'être débarrassés de mon bureau "style nordique", de l'étagère en fer et plastique moulé qui l'accompagnait, de cette lampe qui semblait si quelconque mais pour laquelle certains seraient aujourd'hui prêts à dépenser une fortune.
Je perrette et, comme la laitière de la fable, je n'ai que mes yeux pour pleurer.

 Reste le plaisir de savoir (et de faire savoir) que j'ai vécu -bien simplement, c'est ça le chic- dans du futur vintage et que, comme il n'est de véritables pantalons pattes d'eph que ceux des années 70, cette orientation déco actuelle n'est que réchauffé. De l'ersatz en quelque sorte mais à prix d'or.
Les tendanceurs sont les bergers de la consommation. Les suiveurs...
On se console comme on peut...