... de rien et en profiter pour une nouvelle fois participer (j'ai loupé le Q et en suis fort marrie. Ahhhhhhhhh le Q decu) ...

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Pas vraiment fidèle, pas en dilettante non plus. Quand je suis là, je suis bien là et j'aime ça 6 

Les 19 mots en R d'Asphodèle

Rococo – récolte – rivage – rigolo – râler – (se) rebeller – roucouler – rature – rumeur – ruban – regrets – russe – rodéo – rose – rage – rubicond – rasoir(e), ragondin -rouleau.

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"N'écris que ce que tu as vu" Comtesse de Ségur née Sophie Rostopchine

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Existe-t-il sujet d’inspiration plus efficient que sa propre vie ?
Les souvenirs, enjolivés ou dans leur réalité abrupte, les regrets, les remords qui émaillent souvent l’existence sont autant d’évènements dans lesquels l’écrivain, plus que tout autre, trouve matière à disserter.
La comtesse de Ségur ne fit pas mentir cette règle.
  Sophie et ses malheurs... de l’imaginaire dans ces écrits, très certainement, mais aussi une grande et triste part de vérité...

L’enfance de Sophie Rostopchine ne fut pas douce. Le milieu aisé et lettré où elle vit le jour ne l’exempta pas de souffrances tout autant physiques que morales. La plus belle rose porte souvent les plus cruelles épines.
Tout écart de conduite, propre au jeune âge, dont la fillette  pouvait se rendre coupable donnait lieu à une punition aussi immédiate qu’exemplaire. La plus petite rature sur ses cahiers d’écolier entraînait une correction sévère. Une robe tachée, un ruban perdu étaient prétextes à châtiments. Les mauvais traitements infligés par sa mère n’étaient pas que rumeur. N'eût été la tendresse que lui témoignait son père, Sophie aurait grandi en ignorant l'empathie.
La bonne société russe n’accordait aucun droit de réponse à ses enfants : râler, crier à l’injustice, se rebeller était proprement inimaginable. De cette frustration, de ce sentiment d’impuissance, de cette rage naquirent de nombreuses vocations épistolaires. La plume est libératrice.

Malheureuse Sophie ! Ses jeunes années ne lui avaient pas apporté l’amour que chaque enfant est en droit de recevoir, sa vie d’épousée dans laquelle elle avait placé tant d’espoir fut à l’avenant.
Son compagnon, jeune dandy au teint rubicond, n’était pas de nature fidèle, bien loin s’en faut.
Lasse de le voir roucouler auprès de tous les jupons qui avaient l’imprudence de croiser sa route et peu encline, à l'instar de ses consœurs, à demeurer assise dans un fauteuil rococo, un marquoir entre les mains, Sophie Rostopchine devenue comtesse de Ségur, trouva un exutoire dans l’écriture.
L’affection qui la portait vers ses enfants puis ses petits-enfants lui soumit, alors, une évidence : ses œuvres seraient destinées aux petits.
Générosité, égoïsme, jalousie, modestie, orgueil ... tout un panel de bons et de mauvais sentiments, d’actes louables ou méprisables, trame même des récits de la comtesse de Ségur.

On récolte ce que l’on sème. Douce vengeance, cependant, au regard de ses actes : Catherine Protassova inspira, très certainement, à sa fille, l'indigne et sot personnage de Madame Fichini.
Madame Rostopchine sous les (vilains)traits d'une marâtre abhorrable et abhorrée, Fédor Rostopchine se transforma, grâce au talent de la comtesse, en un général Dourakine fort convainquant.
Sophie fut ... Sophie.
-Une petite fille capricieuse qui scalpe sa poupée de cire d’un coup de rasoir rageur et l’oublie, ensuite, sous le soleil de midi.
Une enfant inconsciente et cruelle : le compagnon, maintes et maintes fois réclamé, maintes et maintes fois refusé. Qu'à cela ne tienne ... Sophie est pleine de ressources : un ragondin jugé "rigolo", jolie peluche aux dents acérées, devient, un bref instant, l’ami tant espéré.
Bonheur de courte durée : le petit animal ne tarde pas à gagner le rivage dont nul ne revient, victime d’une main vengeresse lâchement armée d’un rouleau à pâtisserie. Jeu enfantin à l'issue fâcheuse, course-poursuite  mâtinée d'un rodéo épique.-

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À l’exemple de nombreux contes de fée, les romans de la comtesse de Ségur témoignent d’une réalité souvent sombre et traumatisante.
Moralisateurs souvent, culpabilisants parfois, un soupçon de sucre, une larme de fiel ... souriez bonnes gens, les nobles sentiments sortent le plus souvent vainqueurs du combat qui les oppose au vice et à la turpitude...

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